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Le Bassiste Richard Bona Ouvre Un Club-Restaurant à Paris

L’infatigable bassiste veut remettre de la « joie musicale » dans l’Ouest parisien avec un projet ambitieux ouvert aux grands noms comme aux jeunes talents.

Chercher le nouveau lieu de Richard Bona s’apparente un peu à une chasse au trésor. Il faut d’abord suivre la Seine vers l’ouest de Paris, puis traverser un pont pour partir à l’abordage de l’île Seguin. Là, on doit longer l’édifice futuriste en forme de vaisseau de la Seine musicale avant de débusquer le Nubia, club-restaurant niché sous l’énorme boule de bois et de verre du bâtiment.

Un espace qui abrite trois pépites : une longue terrasse comme posée sur l’eau pouvant accueillir une centaine de privilégiés, un restaurant de 40 couverts un peu onéreux (24 euros le tajine d’agneau), une salle de concerts de 140 places bénéficiant d’un équipement de pointe, le tout très éloigné des hauts buildings de Boulogne-Billancourt. « Ici, on ne risque pas d’être gêné par le voisinage », s’amuse Julienne Penda, la sœur de Richard Bona, qui gérera le lieu lors des absences du bassiste d’origine camerounaise.

Et elles seront nombreuses. Toujours entre deux concerts, Richard Bona cogère déjà un autre club, le Bonafide, ouvert en septembre 2015 à New York, sur la 52e rue, truffée de clubs de jazz à la fin des années 1940. Séparées par un océan, les deux adresses présentent presque le même décor : murs pastel, parquet, tables en enfilade (et un peu tassées), imposant rideau rouge pailleté en arrière-fond. Mais surtout, une scène remarquable. Pas moins de 50 m2 pour le lieu parisien.

« C’est un luxe, alors que l’on est souvent réduits à Paris à jouer agglutinés les uns contre les autres dans des salles en sous-sol », confie Manu Katché entre deux cigarettes sur la terrasse. Le batteur, premier musicien invité à fouler la scène du Nubia pour son inauguration, le 15 mars dernier, ne tarit pas d’éloges : « Ici, il y a de vraies loges, une vraie scène avec un piano à queue, un son exceptionnel. Ce sera un tremplin pour les nouvelles générations, tous styles confondus ! »

Retour à l’essentiel

Même si Richard Bona a misé sur de grands noms pour les premiers concerts (les pianistes Éric Legnini et Jacky Terrasson, la chanteuse China Moses), de jeunes musiciens sont déjà de la partie. « Il y a un fossé qui s’est creusé. Les lieux connus ne prennent que des gens connus, mon club est ouvert à tous du moment qu’ils proposent des concerts de qualité ! » s’exclame Richard Bona.

L’homme d’affaires, qui a investi 700 000 euros dans le Nubia, fait montre d’une confiance aveugle dans la réussite de son projet. « Quand je fais un lieu comme celui-ci, je ne fais pas juste un club, je fais le meilleur club de la ville, assure-t-il crânement. Le slogan “le retour à l’essentiel” pose les choses. Chez moi, on est assuré de manger sainement et d’écouter de la bonne musique. De toute façon, je ne perds jamais, quand je commence un truc, ça fonctionne. »

D’ailleurs Richard Bona est déjà sur la création d’un nouvel espace, cette fois à Maputo, capitale du Mozambique, pays qu’il juge « suffisamment prospère et stable » pour y entreprendre. Ouverture prévue dans l’année.

Club Nubia, au pied de l’auditorium de la Seine musicale, île Seguin. Compter 35 euros pour un concert du soir. 

IMG_20180306_172002 Claudia Bikoi

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Gérald Toto Retrouve Lokua Kanza Et Richard Bona Dans l’album « Bondeko »

« J’ai eu le privilège de partager deux albums avec deux des plus grands musiciens actuels du continent africain », confie Gérald Toto à La1ere.fr. Treize ans après « Lisanga », sorti en 2004, le guitariste et chanteur martiniquais retrouve avec bonheur les célèbres multi-instrumentistes Lokua Kanza et Richard Bona, respectivement originaires du Congo (RDC) et du Cameroun. Leur nouvel album, intitulé « Bondeko », qui signifie « fraternité » en langue lingala, est un pur bonheur alliant subtilité harmonique et délicatesse vocale.

« On s’est retrouvé différents, mais on avait cœur à partager nos chemins », précise Gérald Toto. « Nous avons tous un sens épicurien de la vie, et c’était marrant de partager nos anecdotes. On a beaucoup ri. Musicalement nous sommes en résonance, c’est un état de grâce. Je souhaite ça à n’importe quel artiste. »

Projet atypique

L’album est au confluent de multiples influences, principalement africaine et antillaise, avec beaucoup d’importance donnée aux voix – en créole, lingala et douala – et aux percussions. Un projet atypique, et qui échappe à toute catégorisation. « Nous sommes totalement émancipés des grilles de lecture, tant mercantiles que culturelles. Nous n’avons pas besoin de nous définir par rapport à d’autres styles de musique. Nous sommes ancrés, nous avons nos propres fondamentaux. C’est avant tout la musique de trois artistes qui se retrouvent », souligne le guitariste martiniquais.

« Certains aspects étaient nés de notre première rencontre, notamment un aspect de ‘panafricanité’, quelque chose qui transcende nos cultures respectives. Je précise que marier nos cultures ne veut pas dire les perdre. C’est encore plus le cas dans ce deuxième album où il y a du tambour bèlè par exemple. Je voulais mettre cela en résonnance avec les cultures africaines de Richard et Lokua. De même le créole est plus présent cette fois-ci. Et finalement tout cela est parfaitement naturel, il n’y a pas de distorsion. C’est là que les passerelles sont faites, que les filiations apparaissent, sans tenir un discours revendicateur. Cela va de soi de part et d’autre de l’Atlantique. »

« Je sais où sont mes racines »

« Je n’ai pas besoin de me présenter au continent africain en cherchant à être adoubé de quoi que ce soit », ajoute l’artiste. « Je ne suis pas en quête de reconnaissance ni de racines particulières. Je sais où sont mes racines, en Martinique. Et tout va très bien. De toute part en Afrique, ça leur convient parfaitement. On est loin du retour aux sources des années soixante-dix. Je ne dis pas que c’était un tort mais seulement que ce n’est pas la même démarche. Je me présente sans enjeu particulier, si ce n’est l’enjeu artistique ».

A peine achevé « Bondeko », Gérald Toto termine actuellement l’enregistrement en solo d’un album à paraître en 2018, qui s’intitule « Sway », dans lequel il joue tous les instruments. On attend avec impatience d’écouter les nouvelles compositions de ce talentueux musicien.

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Richard Bona, Le Talentueux Bassiste Camerounais Enflamme La Foule

Vendredi soir, dans des arènes combles, Richard Bona & Mandekan Cubano semblent avoir fait l’unanimité. Le cocktail afro-latino, parfaitement maîtrisé, a fait lever la foule, l’humour et le talent de l’artiste l’ont conquise. Le public était chaud, peut-être même un peu trop…

Pour le rappel, Richard Bona reprend seul la scène et le piano pour faire chanter le public. Un moment fort, à peine troublé par une musique venue de l’extérieur…

Et quand le bassiste rejoint les loges, la majorité des spectateurs n’y croit pas. Les applaudissements n’en finissent pas, on scande même son nom. Des minutes de suspense… puis les techniciens montent sur scène. C’est alors que les cris se changent huées. Le président du festival Éric Duffau doit même monter sur scène pour expliquer que «le groupe doit sauter dans un avion très rapidement». On verra en effet, quelques minutes plus tard, Richard Bona et ses musiciens, quitter les arènes avec leurs valises. /

 

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Guitare Basse, L’École des Virtuoses Camerounais

Depuis plusieurs décénnies, les Camerounais comptent parmi les bassistes africains les plus influents de la scène mondiale. Talentueux et appliqués, leur expertise à régulièrement fait ses preuves à travers de nombreuses collaborations à l’international, au point où l’on en vient à se poser des questions sur cette « école » de la basse Camerounaise qui s’impose au plus haut sommet.  Voici quelques uns des plus grands virtuoses Camerounais de la basse.

Jean Dikoto Mandengue

Converti à la basse par Manu Dibango, jean Dikoto Mendengue est influencé par le jeu de la kora Mandingue. C’est aussi le premier Camerounais à faire le Madison Square Garden à Los Angeles  dans les années 70. Au panthéon de la basse Camerounaise, son nom apparaît en pôle position. Avec ses Compatriotes Vicky  Édimo, Étienne Mbappe,  Richard Bona et les frères Sabal-lecco, il a influencé toute une génération.

Armand Sabal Lecco

Considéré comme l’éclaireur, celui qui a vulgarisé la basse Camerounaise aux États-Unis en l’érigeant au rang d’instrument de conquête au pays de l’oncle Sam. Il était outre Atlantique à  la fois une voie et la voix de cet instrument pour le plus grand bonheur de ses compatriotes qui ont su profiter de son travail de pionnier.

Bassiste de génie, celui dont le talent n’est plu à démontrer, Armand Sabal Lecco est et demeure l’artiste qui a fait connaître les effets de la basse Camerounaise  en allant défier les cadors Américains sur leur propre terrain par son jeu et son audace.

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Vicky Edimo 

Il voit le jour le 26 février 1953 à Douala. C’est l’un des ténors de la Basse Camerounaise aux influences afro /funky / blues. Il découvre la guitare à 13 ans et devient l’un des bassistes les plus sollicités du Cameroun. À cette époque, il découvre les oeuvres de James Jamerson, Chuck Rainer,  Paul Chambers, Ray Brown ou Jean Dikoto mendengue. Plus tard, Manu Dibango fait appel à lui  comme bassiste attitré de son orchestre. La rencontre avec Daniel Canarde va changer les choses. Leur collaboration  donnera naissance à des groupes tels que les Gibson Brothers, la Compagnie Créole, Ottawan. Avec les Gibson Brothers,  il enregistre des albums à succès dont Cuba, By Night. Il enregistre aux côtés de Dalida,  Carlos, Johnny Halliday, Michel Sardou et Sacha Distel et collabore avec les meilleurs, dont un certain Bob Marley. Au début des années 80, Vicky est reconnu comme l’un des plus grands bassistes au monde.

Richard Bona

Né le 28 Octobre 1967 à Minta au Cameroun. Il émigre en Allemagne à 22 ans et arrive en France pour suivre  ses études de musique. Il joue régulièrement dans les clubs de Jazz et se produit aux côtés de Jacques Higelin, Didier Lockwood, Manu Dibango, Salif Keita, Francis Lassus. En 1995 il se voit refuser une prolongation de son titre de séjour  et est contraint  de quitter le territoire français. Mais Henry Bélafonte qui l’a rencontré à Paris ira le chercher pour le faire jouer dans son orchestre. Il écume les boites de Jazz et travaille avec des artistes comme Larry Coryell, Michael et Brandy Becker,  Pat Metheny, Mike Mainieri,  Mike Stern, Steve Gadd,  Rusell Malone, guitariste talentueux, il force le respect de ses paires.

Guy Nsangué Akwa

Guy Ngangué a grandi au Cameroun où il a appris à jouer de la guitare, mais se tourna vers le jeu de basse.

Dans les années quatre-vingt, Akwa se rend à Paris  il y rencontre des stars africaines, Papa Wemba,  Mory Kanté,  Oumou Sangaré,  Kassav.

Depuis 1991, Akwa à travaillé avec Jean-Luc Ponty  sur l’album Tchokola,  puis  l’a accompagné lors des tournées et autres enregistrements à l’instar de « l’expérience de l’Atacama » en 2007.

Étienne Mbappe

Il commence à étudier la guitare en autodidacte. Puis, lorsqu’il arrive en France en 1978, il s’inscrit au conservatoire de Chevilly-Larue pour étudier la guitare classique et la contrebasse classique.

En 1985, il rejoint l’orchestre Rido Bayonne et rejoint Mario Canonge alors pianiste dans Ultramarine. Entre 1990 – 92, Étienne rejoint le groupe de Salif Keita en temps que bassiste et directeur musical. De 1990 à 1995, il est en tournée en France avec Jacques Higelin, Liane Foly, Cathérine Lara.

Étienne Mbappe collabore avec Michel Jonasz, Joe Zawinul,  Louis Winsberg et Ray Charles entre autres.

Noël Ekwabi

Né le 25 Décembre 1960 à Yaoundé, après une anitiation à la guitare, la batterie et les percussions, il rejoint Marseille en 1980 pour entrer au conservatoire. Il devient bientôt un bassiste reconnu,  s’impose dans son jeu de scène et dirige pendant dix ans l’orchestre de Manu Dibango, co-signant avec ce dernier, deux albums. Noël joue avec de nombreux artistes dont,  Rufus Thomas, Peter Gabriel, le groupe Sud-Africain Ladysmith Black Mambazo, Omar Soza , Cheb Mami, Massao ,  Nubians et bien d’autres. Il décède le 18 Avril  2012 à Paris.

 

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Sortie Officielle de « Héritage » le Nouvel Album de Richard Bona

Le Bassiste Camerounais de renommée mondiale Richard Bona a mis sur le marché discographique international un nouvel album intitulé « Héritage ».

Paru ce 24 Juin sous le Label du producteur Américain Quincy Jones, l’album « Heritage » comporte douze titres qui retracent l’histoire des esclaves africains déportés à Cuba, qui emportèrent avec eux, leurs cultures et traditions.