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La Sculpture Au XXe Siècle

 

Le passage du XIXe siècle au XXe siècle est vécu comme la fin d’une époque et le début de temps nouveaux, d’où les expressions « art nouveau » ou « modern style ». Paris, considéré comme le centre du monde de l’art moderne, occupe alors une place de tout premier ordre, attirant des artistes venus du monde entier (Picasso, Brancuși, Modigliani, Chagall et tant d’autres).

Le XXe siècle va être le théâtre d’expérimentation de nouvelles idées, de nouveaux styles et de nouveaux matériaux. Les études de figures humaines cèdent la place à de nouveaux sujets : des rêves, des idées, des émotions, des études sur la forme et l’espace. Plastique, chrome ou acier soudé sont utilisés, ainsi que des boîtes, des pièces automobiles brisées, des morceaux de vieux meubles. On invente, on expérimente, on innove. L’art moderne se traduit par le refus du passé considéré comme académique et avec lequel il entend marquer une rupture. Comme l’art contemporain d’ailleurs, il est étroitement lié aux mouvements de société et aux courants de pensée dans lesquels il évolue. Ainsi l’art moderne se développe avec l’ère industrielle et l’évolution de la technique, il appartient au régime de la consommation. Quant à l’art contemporain, il se nourrit de la mondialisation, des mutations technologiques et de la circulation de l’information.

Mais voyons cela plus en détail

La sculpture moderne

S’il faut dater les débuts de la sculpture moderne, c’est peut être lors de l’Exposition universelle de Paris, en 1900. Lors de cet événement, Auguste Rodin a dévoilé ses œuvres les plus novatrices, comme les Bourgeois de Calais ou ses portraits de Balzac et Victor Hugo. C’était aussi la première présentation publique de ses portes de l’enfer au sommet de laquelle tronait Le Penseur. Les sculpteurs du XXe siècle doivent en effet beaucoup à Auguste Rodin. Dans une forme d’art qui répétait de vieilles idées depuis 200 ans, son énorme puissance et sa variété ont incité ses successeurs à exprimer de nouvelles idées. Et, bien qu’ils aient eu rapidement tendance à s’éloigner à la fois de son réalisme et de ses sujets littéraires, ses innovations ont eu une influence importante, même si ce fut dans l’opposition, comme chez Aristide Maillol qui a rejeté les surfaces rugueuses de Rodin pour des épures lisses et parfaites en pierre ou en bronze.
Comme les artistes de la Renaissance, qui avaient puisé leur inspiration dans les œuvres redécouvertes de la Grèce classique et de Rome, les artistes du XXe siècle se sont ressourcés aux formes simples et puissantes de l’art africain (Picasso) et océanien primitif (Gauguin). Wilhelm Lehmbruck, sculpteur allemand, a commencé sous l’influence de Maillol pour ensuite étirer ses personnages à la manière de l’art primitif. Les femmes de Gaston Lachaise empruntent à la sculpture de l’Inde ancienne. Ses corps ronds, solides et massifs, semblent symboliser la vitalité de la féminité.

Le cubisme

La sculpture cubiste est un style qui s’est développé en parallèle avec la peinture cubiste et les expérimentations formelles de Georges Braque et Pablo Picasso, dont l’œuvre La tête d’une femme (1909) est considérée comme la première sculpture cubiste. Des artistes comme Raymond Duchamp-Villon, dont la carrière a été écourtée par sa mort au service militaire, et Alexander Archipenko, arrivé à Paris en 1908, furent prompts à suivre l’exemple de Braque et Picasso. Joseph Csaky, un sculpteur originaire de Hongrie, expose ses premières sculptures cubistes à Paris en 1911. Henri Laurens, Ossip Zadkine, Otto Gutfreund, Boris Korolev ou Jacques Lipchitz (qui fut l’un des sculpteurs les plus influents du XXe siècle) ont également rejoint le mouvement.
Au cours de sa période d’innovation cubiste, Pablo Picasso a révolutionné l’art de la sculpture quand il a commencé à créer ses constructions façonnées en combinant des objets et des matériaux disparates en une œuvre construite, équivalent sculptural du collage. Des années plus tard, Picasso est devenu un potier prolifique, ce qui a relancé l’intérêt pour la poterie historique partout dans le monde, et créé un renouveau de la céramique d’art, avec des personnalités comme George E. Ohr, Peter Voulkos, Kenneth Price ou Robert Arneson.
L’espagnol Julio Gonzalez introduit l’utilisation du fer forgé. L’énorme influence de sa technique est particulièrement visible dans l’œuvre de Picasso, qui étudie auprès de Gonzalez la technique du soudage.

Brancusi

Constantin Brancusi, un Roumain qui a travaillé principalement à Paris, va combiner les traditions folkloriques roumaines avec la simplicité de la sculpture sur bois africaine et orientale. Toute sa vie, Brancusi a cherché la simplicité absolue de la forme, la pureté parfaite, comme pour son Oiseau dans l’espace. Il a également fait un important travail sur les piédestals et les socles de ses sculptures, ceux-ci devenant parfois eux-mêmes œuvres d’art. Le travail de Brancusi a ouvert la voie, notamment à la sculpture abstraite. Il est sans doute l’artiste dont l’œuvre a le plus influencé toute la sculpture du XXe siècle.
L’impact de Brancusi, avec son vocabulaire d’épure et d’abstraction, va se retrouver dans les années 1930 et 1940, illustré par des artistes tels que Gaston Lachaise, Sir Jacob Epstein, Henry Moore, Alberto Giacometti, Joan Miró, Ásmundur Sveinsson, Julio González ou Jacques Lipchitz. Mais aussi, à partir des années 60 chez les artistes minimalistes comme Carl Andre ou Richard Serra.

Le futurisme

C’est vers 1911 qu’un groupe d’artistes italiens, s’enthousiasmant devant le progrès, les machines modernes, la vitesse, inventent le futurisme. Leur sculpture (comme leur peinture) cherche à montrer les objets en mouvement. Umberto Boccioni ou Giacomo Balla sont les principaux sculpteurs de ce mouvement.

Dada

En février 1916 à Zurich, en réaction à l’absurdité et à la tragédie de la Première Guerre mondiale et en opposition à tous les mouvements se finissant en -isme, des artistes (les poètes Hugo Ball, Tristan Tzara et les peintres Jean Arp, Marcel Janco et Sophie Taeuber-Arp) créent un nouveau mouvement qu’ils baptisent « dada » – mot sans signification particulière, choisi au hasard (un dictionnaire ouvert et un coupe-papier qui tombe sur ce mot). Ces artistes se voulaient irrespectueux, extravagants en affichant un mépris total envers les « vieilleries » du passé. Ils recherchaient à atteindre la plus grande liberté d’expression, en utilisant tout matériau et support possible. Ils avaient pour but de provoquer et d’amener le spectateur à réfléchir sur les fondements de la société. Hétéroclite et spontané, Dada était aussi un mouvement sans véritable chef de file. Tous les dadaïstes étaient présidents. Marcel Duchamp, dont l’œuvre marquera la transition avec l’art contemporain, est toutefois, sinon le plus connu, du moins le plus important des Dada. Si, sur le plan de la chronologie, il relève de l’art moderne, compte tenu du mouvement de pensée qu’il provoque et de son influence sur des artistes d’aujourd’hui, il est résolument contemporain. Avec ses ready-made, Marcel Duchamp va détourner un objet de sa vocation première pour lui donner un sens nouveau ; ainsi son urinoir est-il élevé au rang d’œuvre d’art. C’est le lieu d’exposition, son environnement, qui confère à l’objet son statut d’œuvre d’art et non pas l’objet lui-même. L’œuvre d’art ne se limite pas à sa représentation physique mais prend en compte le cadre réel ou conceptuel qui concourt à son interprétation. L’œuvre de Marcel Duchamp annonce déjà ce que les artistes vont développer après lui : le Pop art, les installations, voire les happenings…

Le surréalisme

Après la Première Guerre mondiale, le surréalisme se développe, en grande partie sur les restes de Dada, mort en 1921. Beaucoup d’artistes cubistes ou dadaïstes deviennent ainsi surréalistes. Le travail de Jean Arp, avec ses formes fantaisistes qui semblent flotter dans l’espace, appartient à ce mouvement. Alberto Giacometti, Salvador Dali, Joan Miró, Max Ernst ou Meret Oppenheim ont également produit des œuvres surréalistes. On peut aussi citer aussi les boîtes de Joseph Cornell.

Le constructivisme

Durant les années 1920 et 1930, les constructivistes (mouvement né en Russie et en Ukraine – le terme d’art de la construction étant d’abord utilisé par dérision par Kazimir Malevitch afin de décrire le travail d’Alexandre Rodtchenko en 1917) construisent plutôt qu’ils ne sculptent ou modèlent leurs œuvres. La beauté de la forme pure et dans l’espace les excite. Les frères russes Naum Gabo et Antoine Pevsner utilisent des lames de métal et de plastique pour obtenir un effet de légèreté et de transparence. Le fondateur et membre le plus célèbre du constructivisme fut Vladimir Tatline.

Beaucoup d’artistes créent aussi leur propre style,
explorant des voies nouvelles et personnelles. Les longues figures minces d’Alberto Giacometti semblent errer seules dans un monde sans frontières. Alexander Calder crée des sculptures en mouvement, appelées mobiles, et stationnaires, appelés stabiles. Les sculptures d’acier à base de formes géométriques de David Smith ont un sens de l’équilibre et de l’ordre qui plaît à l’œil…

Henri Moore

Une autre figure dominante dans le monde de la sculpture, l’anglais Henry Moore, a utilisé des matériaux traditionnels (bois, bronze, et pierre) en étudiant les problèmes traditionnels de la sculpture comme le personnage assis et la figure couchée. Mais il pensait que les formes de l’espace créé par une sculpture sont aussi importants que les formes solides, et il a souvent mis des trous ou des ouvertures dans ses sculptures. Moore a également travaillé les effets de lumière et d’obscurité en jouant avec des formes concaves ou convexes.

Post-1950

Dans les années 1950 et 1960, les sculpteurs abstraits expérimentent un large éventail de nouveaux matériaux dans des approches différentes. L’imagerie surréaliste, l’abstraction anthropomorphe, de nouveaux matériaux ou combinaisons d’objets sont devenu caractéristiques de beaucoup de sculptures modernistes. Les projets en collaboration avec des architectes ou des paysagistes ont élargi le champ de l’intégration contextuelle aux sites extérieurs. Des artistes comme Isamu Noguchi, David Smith, Alexander Calder, Jean Tinguely, Richard Lippold, George Rickey, Louise Bourgeois ou Louise Nevelson caractérisent la sculpture de cette époque.

Jean Tinguely

Jean Tinguely est un maître incontestable dont l’œuvre compte parmi les manifestations les plus vivantes de la sculpture du XXe siècle. Tinguely est un sculpteur qui, avant tout, utilise des matériaux de récupération auxquels il redonne vie en utilisant des moteurs pour les animer. Il remet en question l’académisme de l’art. Il crée ses machines dans le contexte des « Trente Glorieuses » et de son « culte » du progrès. Construites en partie à l’aide d’objets de récupération, les «machines» de Tinguely, consciemment imparfaites, refusent le culte de l’objet neuf produit par une société de consommation. Il est en avance sur son temps en pratiquant le recyclage. Dans une société ou la machine est de plus en plus présente, il l’introduit dans l’art en montrant son aspect ludique et inutile.

L’expressionnisme abstrait

Dans les années 1950 l’expressionnisme abstrait, mouvement artistique qui s’est développé peu après la Seconde Guerre mondiale aux États-Unis et est un élément central de l’école de New York, se retrouve également dans les œuvres de quelques sculpeurs, comme David Smith, Richard Stankiewicz ou Roberto Matta.

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